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CYCLE DE L’AMITIÉ

Un homme, une femme – un talent commun pour la manipulation, qu’il s’agisse de l’empereur ou d’esclaves gladiateurs, de poètes ou de femmes amoureuses… Tigellin, l’animal à sang froid, l’âme damnée de Néron, conseille à ce dernier d’organiser des Jeux grandioses pour distraire le peuple, lui faire oublier le grand incendie de Rome, la conspiration de Pison… et pour permettre à l’empereur de remporter les palmes du plus grand poète, et flatter ainsi son orgueil… Orgueil que Tigellin n’est pas le seul à manoeuvrer : la redoutable guerrière, l’Hydre, est toujours là, tapie dans un recoin, et son influence inquiète même l’impératrice Poppée. Les deux manipulateurs font la paire : quand l’un est guidé par une ambition démesurée, l’autre est en quête d’un exutoire à sa rage nourrie ses années au service d’Insanius.

Les vieux démons se réveillent, le passé et les souvenirs ressurgissent, tout comme les racines de l’amitié, si solides… Il n’en fallait pas davantage pour que Lucius Murena, sous les yeux de l’Hydre, déclare à son empereur : « Il faut que je reste. Tu as besoin de moi. Comme j’ai besoin de toi ».

visuel non contractuel

Entre Jeremy et BD Empher, c’est une longue histoire. Aprés avoir collaboré sur Barracuda, Les Chevaliers d’Héliopolis et Vesper, nous nous retrouvons sur Murena. En attendant la version couleur, qui reprendra la ligne éditoriale classique des tomes 9&10 et 11&12, il nous a paru judicieux de mettre en avant un travail de l’ombre.

En effet, l’étape du crayonné, est le prémice de se qui adviendra de la page couleur. C’est ici que tout prend vie. L’auteur cherchera à travers la mise en place des décors et des personnages, à retranscrire en image le scénario de Jean Dufaux. Toutes les recherches, les tracés pour les décors et les hésitations sont visibles. Tout ceci s’effacera lors de l’étape de l’encrage, qui fixera définitivement les traits de l’artiste.

Nous avons reproduit les crayonnés de Jeremy sur plusieurs titres. Cette expérience acquise toutes ces années sera necessaire afin de retranscrire toutes les nuances et les détails de ces impressionnantes planches. 

Jérémy s’inscrit dans la tradition de la BD franco-belge réaliste haut de gamme, notamment sur Murena, Barracuda et Les Chevaliers d’Héliopolis.

Il travaille avec une base très solide, anatomie maîtrisée, proportions justes et visages crédibles et individualisés

On sent une influence classique (presque “peinture d’histoire”).

Son trait est net et lisible, avec des variations d’épaisseur et des détails poussés (rides, textures, costumes)

Il a un dessin propre, lisible, mais jamais simpliste. On y trouve une architectures détaillées (Rome antique, ports, palais…), des accessoires crédibles (armes, vêtements, objets).

Les décors ne sont pas là pour remplir : ils participent à l’immersion.

J’ai eu la chance d’aller bosser dans son atelier alors que j’étais encore adolescent et ça a été ma meilleure école. Rien de tel que la pratique sur le terrain et la répétition de cette pratique pour évoluer. Il accordait autant d’importance à chaque case, tout avait son importance, et ça, j’ai tenté de le reprendre dans mon travail.

Jeremy travaille beaucoup la lisibilité narrative.

Les cadrages variés et la gestion du rythme par les cases offre une sensation de « film historique ».

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